Comment ralentir dans nos vies : les conseils du réalisateur de « Tout s’accélère »

 

Ce jour-là, le temps a basculé dans la vie de Gilles Vernet.  Confronté à l’annonce imminente de la mort  de sa mère,  atteinte d’une maladie incurable, cet ancien trader a changé de vie, en devenant notamment professeur des écoles dans le 19ème arrondissement à Paris.

« J’avais perdu de vue en tant que trader le côté cyclique des choses. On nie nos cycles internes. C’est dingue! les gens ne se régénèrent plus – il suffit de regarder les burn-out en entreprise. Il est pourtant vital de se reconnecter avec soi-même. »

Nourri d’une enfance bercée par le cinéma et auteur de scénario pour des séries télévisées, Gilles Vernet a placé l’accélération du temps au coeur de son film, un projet qu’il a mis 3 ans à réaliser.

Où passe le temps que nous sommes sensés gagner? Pourquoi manquons-nous de temps alors que les outils qui nous en font gagner sont de plus en plus perfectionnés? Subissons-nous réellement cette vitesse ou la désirons-nous ? Car aller plus vite provoque aussi jouissance et addiction. Et prétexter d’être débordé nous permet aussi de ne pas écouter les autres.

Retrouver le temps qui court

Autant de questions soulevées par le réalisateur. Avec un parti pris : croiser la parole de ses élèves de CM2 avec celle de trois spécialistes : un sociologue, un philosophe… et même un écologiste comme Nicolas Hulot. Ses conseils pour retrouver du temps après lequel nous sommes si nombreux à courir :

« Une chose très simple, que je fais avec mes élèves tous les matins, qui n’attendent que ça : cinq petites minutes, ce n’est rien cinq minutes pour prendre le temps de la respiration ventrale et d’une petite méditation.

Je leur conseille également de faire attention aux écrans : ne pas oublier de vivre des moments en famille chez eux. Et ce qu’ils me répondent est parfois très inquiétant : « mais Maître, mes parents eux aussi ne regardent que leurs écrans. » L’ordinateur ne sent rien, il n’a pas d’émotion. En ces temps gratuits, il ne faut pas oublier d’aimer tout simplement. Un copain me confiait n’avoir plus de temps pour passer une soirée avec des amis, c’est dingue. »

On peut aussi aimer la beauté, gratuite, offerte et laisser le temps passer. Comme l’indique Nicolas Hulot, la contemplation devrait faire partie de nos vies comme un temps nécessaire.

Ses élèves, eux aussi, apportent des solutions : « C’est pas nous les maîtres du temps, mais le temps lui-même. Tout le monde se plaint, tout le monde dit qu’il faut se calmer… mais que ces gens commencent par le faire, eux ! »


Pour prolonger le film, cliquez ici.

 

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