Des adolescents ovationnés par le public du FIGRA

Parmi les réalisateurs de la sélection 2017, certains se sont immergés dans le monde de l’école. Marine Place est retournée sur les bancs du lycée aux côtés des Bac Pro Gestion et Administration (G.A.) de Béthune. Benoît Grimont, lui, a suivi les cours d’un professeur d’éducation physique, Yves Le Coz, avec des troisièmes du XXème arrondissement de Paris.

Être suivi pendant un an par une caméra est marquant pour des jeunes de cet âge. L’équipe de réalisation les a vu grandir et gagner en confiance aux côtés de leurs professeurs.
« Au début, ils ne voulaient même pas se lever pour parler devant leurs camarades », explique Benoît Grimont. C’était lors du tout premier cours. Celui où ces collégiens en classe de troisième du XXème arrondissement de Paris ont appris qu’ils allaient devoir apprendre une chorégraphie. Mais surtout qu’ils allaient faire leur représentation dans la rue. « Mais c’est ficha (la honte) ! » s’esclaffaient-ils alors.

Dans Le prof de gym, Benoît Grimont suit un professeur d’EPS dans son projet annuel : créer un clip avec une classe de troisième dans la rue. À Béthune, le collège avait « abîmé » les lycéens en première GA. Ils se retrouvaient dans une filière « poubelle », comme ils disent. En apprenant que Marine Place allait les filmer durant une année scolaire ils pensaient « n’avoir rien d’intéressant à dire ».

La création

« Je voulais faire un documentaire sur une classe de bac pro mais je voulais que le regard vienne d’eux. Que les élèves soient impliqués », explique Marine Place. Alors, elle les a mis au travail.  Ils ont écrit une chanson, chanté, dansé. Ils ont filmé, interviewé et étaient même les narrateurs de l’histoire. « Ça les rendait plus acteurs », poursuit la réalisatrice.
Manon, 19 ans, a même passé un weekend avec l’équipe de production pour dessiner les story board qui ponctuent le documentaire. Une « vraie fierté » pour la jeune femme. Marine Place « a vu ce qu’on pouvait faire, qu’on avait des talents », résume Paul Joseph.

Quant aux troisièmes, c’est sans s’en rendre compte qu’ils ont, eux même, créé leur chorégraphie. Leur professeur leur a fait faire des exercices, qui, petit à petit, les ont menés vers la danse. Ils ont, par exemple, épelé leur nom avec leurs corps. De ces gestes Yves Le Coz a tiré des pas. De ces pas, il fait naître une danse.

Des professeurs exceptionnels

Pour Benoît Grimont, cet enseignant est au cœur de son projet de film : « C’est l’histoire d’une ambition incroyable, celle d’un prof ». Dès les premiers instants à ses côtés il a compris qu’il avait fait le bon pari. « Dès le tournage, j’ai ressenti les petites émotions que l’on ressent pendant qu’on regarde le film. Ce qui est très rare. »
Lors de la première diffusion, les élèves et leurs parents ont ovationné l’enseignant, figure essentielle de leur vie. « Un grand moment d’émotion », se souvient le réalisateur. À chaque projection, les première GA aussi mettent leurs professeures à l’honneur : « Leurs deuxièmes mamans », des femmes qui les comprennent, leur font aimer l’école et leur « redonnent confiance ».

Face au public du FIGRA, les lycéens rient, racontent, répondent. « Bravo, vous êtes magnifiques », leur lance une spectatrice. Dire qu’il y a encore un an, ils pensaient n’avoir « rien à raconter ».

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *