Jérôme Fritel, du grand reportage au film documentaire

Il a parcouru les zones de conflit pendant douze ans comme grand reporter. Aujourd’hui, son expérience de terrain lui sert pour ses films. Jérôme Fritel, s’est lancé dans le documentaire avec pour objectif, de « décrypter les pouvoirs ».

« Je raconte des histoires vraies », dit Jérôme Fritel. « Que ce soit de l’investigation journalistique ou la réalisation de films documentaires. » Après des études d’économie et de journalisme au Celsa à Paris, il se lance en 1985 dans le métier comme reporter pour VSD sur les zones de conflit. En 2001, se passe de la presse écrite à la la télévision. Ses reportages sont diffusés dans Le Vrai Journal et l’Effet papillon sur Canal Plus.

Depuis 2012, Jérôme Fritel se consacre à la réalisation de documentaires. « J’avais envie de décrypter les pouvoirs économiques et les guerres », confie-t-il.  Le passionné de terrain travaille avec une nouvelle temporalité et une plus grande liberté éditoriale. « En tant que journaliste, notre rôle est de relater les faits. On est aussi pressé par des impératifs de bouclage et par la concurrence… », explique-t-il. « Le réalisateur de documentaire, lui, a le luxe d’avoir plus de temps pour choisir ses interlocuteurs, creuser les sujets. Pour mon dernier film sur Daesh par exemple, j’ai eu neuf mois pour travailler. Sur le ton, le documentaire est aussi plus subjectif. On demande à l’auteur de se positionner, de donner un regard sur les choses qu’il relate. »

Les prix comme gage de crédibilité

Son premier film réalisé en 2012 , Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde, a reçu plusieurs prix : les Lauriers de la radio et de la télévision, le prix spécial du jury au Figra 2013 et le prix Tournesol 2014 au Festival du film vert en Suisse. Dans Les guerres cachées contre Daesh, sélectionné dans la catégorie Terre(s) d’Histoires du FIGRA 2017,  Jérôme Fritel essaye de comprendre pourquoi, après deux années de guerre, l’organisation État islamique prospère toujours. Quelles sont les forces en place. Et que sont les intérêts de chacun.

Pour ne pas mettre son équipe en danger, il a fait le choix de ne pas tourner dans les zones contrôlées par le groupe djihadiste. « On travaille dans des zones difficiles, où on ne veut pas de nous. L’attitude à avoir sur le terrain est très importante. » Il ajoute : « En parlant aux gens, il faut leur faire comprendre qu’on est là pour les écouter, pour recueillir leur témoignage. Je ne suis pas là pour juger. »

Chaque film est un défi pour le réalisateur. Alors, quand vient la reconnaissance des pairs, un monde change. « Avoir des récompenses dès mon premier film m’a ouvert beaucoup de portes », reconnaît Jérôme Fritel. « Ça a facilité mon entrée dans la profession. Grâce à cela j’ai plus de projets avec les chaînes. » 

Sans pour autant s’écarter de ses sujets de prédilection. Dans les tuyaux, le réalisateur prévoit un documentaire sur le monde de la finance. Avec la même équipe qui a travaillé sur Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde.

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