« Latifa, une femme dans la République » : 3 questions à la réalisatrice

3 Questions à Jarmila Buzkova pour le film « Latifa, une femme dans la République » diffusé sur France 2, le 7 mars dernier. Elle a suivi Latifa Ibn Ziaten, mère d’une des victimes de Mohammed Merah en 2012. Depuis, elle se bat pour qu’il n’y est « plus jamais de Merah ».

 

Figr’Actu : Comment avez-vous eu l’idée de faire ce film ?

Jarmila Buzkova : J’avais regardé Latifa il y a plusieurs années sur un plateau de télévision. J’étais intriguée par cette femme qui, à l’époque, parlait en faisant beaucoup de fautes de français, dans une langue très simple mais avec un message très important, déjà, que j’ai eu envie de creuser. Avec son regard bienveillant, sa voix douce, elle vous met tout de suite à l’aise, même s’il a fallu du temps pour qu’elle m’ouvre son intérieur et me fasse confiance. Ce film pose beaucoup de questions auxquelles elle ne répond pas : c’est aux autres d’y répondre.

Le film a-t-il été difficile à réaliser ?

Il a fallu obtenir sa confiance mais aussi celle de ses proches, qu’au départ, elle ne souhaitait pas impliquer. Elle est déterminée et protégée par la police parce que menacée. Mon producteur a tout de suite été convaincu par le film et ce que j’avais écrit. En revanche, il a fallu 5 mois pour convaincre la chaîne.

Comment s’est déroulée la scène plus difficile en prison ?

L’accueil n’a pas toujours été bon pendant le tournage. J’ai même eu peur que ça dégénère avec les détenus. Mais certains ont fini par calmer les autres, en leur demandant de respecter Latifa qui ne se démonte pas. Elle sait aussi tenir tête à ceux qui ne reçoivent pas son message – c’est là sa force qui m’a impressionnée. J’ai hésité au montage à garder cette séquence mais finalement elle est importante.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *