« Ce que leurs yeux ont vu » : un hommage aux reporters de guerre

Au FIGRA, on regarde des films, et on peut aussi voir l’exposition photo « Ce que leurs yeux ont vu » d’Alizé Le Maoult. Elle rend un hommage aux photographes de guerre, ces témoins de l’histoire peu connus.

« Il n’y a personne. Seulement un appareil photo ensanglanté. Mais on comprend la violence de la scène », lâche Margo, 16 ans. Avec ses camarades du lycée Giraux Sannier, à Saint Martin-Boulogne (62), ils visitent au FIGRA l’exposition d’Alizé Le Maoult sur les photographes de guerre. « Ça nous confronte à la réalité. C’est choquant de voir des cadavres », ajoute Manon. Une découverte du métier de photojournaliste, selon leur professeure, Mélanie Serret.

« Cette exposition fait le lien entre les conflits du passés et ceux d’aujourd’hui. » – Alizée Le Maoult

En 1995, alors que la guerre se termine, Alizé Le Maoult convoie des frais de films à Sarajevo pour « Le cercle parfait » d’Ademir Kénovic. Marquée par les conséquences de la guerre, elle rencontre les journalistes et photographes qui en témoignent.  « Les images de ces photographes nous donnent à voir l’Histoire. Nous parcourons le monde à travers leurs yeux. Qui sont ces femmes et hommes qui nous informent au péril de leur vie ? ».

« Les photographes n’aiment pas être photographiés »

Le 6 avril 2012, ils se retrouvent tous à Sarajevo pour commémorer le vingtième anniversaire du début de la guerre. Alizé Le Maoult crée une série de portraits intitulée génération Sarajevo. « Un portrait frontal sans artifice, les yeux dans les yeux. » Dans ses diptyques, la photographe met en regard des portraits de photographes de guerre et une de leur œuvre qu’ils décrivent à leur manière. « Leur regard nous traverse, et nous regardons ce qu’ils ont vu. Ça nous interpelle », explique-t-elle.

«Les photographes n’aiment pas être photographiés», ironise-t-elle. C’est avec fierté qu’elle se souvient de sa rencontre avec le directeur de photo John Morris : « Il y a tellement de sagesse et d’émotion dans son regard.  Il a eu cent ans l’année dernière et a connu les deux grandes guerres. » 

Pour la photographe de 40 ans, être exposée au FIGRA « est un honneur ». «Il y a des documentaires qui font un écho à l’expo. Elle a sa raison d’être dans ce lieu.»

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