Long format : il ne faut pas être pressé !

Pour être documentariste, il faut savoir s’armer de patience. En moyenne, deux années sont nécessaires pour qu’une idée de scénario aboutisse, et devienne un film diffusé sur petit ou grand écran. 

Ce combat de longue haleine est d’abord mené par le réalisateur lui-même. Ce dernier doit parvenir à convaincre un producteur de soutenir son projet, et de l’accompagner financièrement. « J’ai mis plus de quatre ans à réaliser mon premier documentaire », confie Charlotte Penchenier. La réalisatrice est venue présenter son film Planète Marseille, enfants des Comores en exclusivité au festival du FIGRA. Un grand format de 52 minutes consacré à trois Français d’origine comorienne.

« Il a fallu se battre, précise-t-elle. J’ai eu l’idée de faire un documentaire sur ce sujet en 2009. Et j’ai commencé à l’écrire en 2012. C’est à ce moment là que j’ai participé au prix Coup de Pouce du FIGRA. Je n’ai pas gagné, parce que mon projet n’était pas assez abouti. Alors j’ai dû le réécrire, puis me débrouiller seule pour trouver un producteur.  Puis les choses ont redémarré grâce à une rencontre en 2014 grâce à laquelle j’ai pu convaincre France Télévisions de diffuser mon film. Mais je devais encore trouver un producteur, j’ai un peu fait les choses à l’envers ! »

Finalement, Charlotte est parvenue à produire son documentaire et à le faire financer par différents acteurs (France Télévisions, Tita Productions, le CNC, la région PACA, etc.) Il a été tourné en 2016, soit quatre ans après la participation  de sa réalisatrice au prix Coup de pouce.

Du côté des producteurs, la réalisation d’un documentaire n’est pas forcément plus simple. Agnès Molia, directrice de la rédaction chez TSVP Productions reconnaît que le choix des projets reste très subjectif : « On fonctionne d’abord au coup de cœur. Puis on réfléchit au diffuseur, et quel type de chaîne serait susceptible d’être intéressée par le projet. Mais lorsqu’on a la conviction qu’un film peut plaire, sans vraiment savoir à quel média il correspond, on peut quand même pousser le projet ». Les producteurs de documentaires doivent aussi se battre pour trouver un diffuseur. Et parfois, cela peut prendre beaucoup plus de temps que prévu : « J’ai eu un coup de cœur pour un film sur les mères handicapés, mais j’ai mis dix ans à convaincre une chaîne ! se rappelle Agnès Molia. Je n’ai rien lâché car j’avais la conviction que cette histoire devait être racontée ».

C’est sans doute cela, la clé de la réussite dans le milieu du documentaire. Réalisateurs ou producteurs : tout est histoire de persuasion et de combativité.

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